L'opération Absolute Resolve à Caracas. Le président Nicolas Maduro et son épouse arrêtés et transférés devant un tribunal de New York ! Quelques observations !
Qui choisit les noms des opérations militaires américaines ?
C'est encore un mystère. Je vous fais grâce de toutes les opérations pendant la guerre du Vietnam et son extension au Cambodge et au Laos. Nous avons eu l'opération Géronimo au Pakistan le 2 mai 2011 visant à arrêter Ben Laden. Nous avons eu l'opération Midnight Hammer en Iran, dans la nuit du 21 au 22 juin 2025, opération consistant à bombarder les sanctuaires iraniens.
Nous venons d'avoir l'opération commando Absolute Resolve au Venezuela
L'ambassadeur américain Mike Waltz relate parfaitement dans sa déclaration du 5 janvier 2026 à l'ONU (voir le lien du communiqué après l'article), les motifs de l'arrestation de Nicolas Maduro et son épouse dans le cadre de l'opération Absolute Resolve. Entre autres, l'opération est présentée comme une opération de police, les States "n'étant pas en guerre" avec le Venezuela. C'est une opération de police" dirigée par Donald Trump, dont la fonction de commandant en chef de l'armée est rappelée expressément. Une "opération de police" menée à l'initiative de quel service, on ne sait pas précisément, mais la Drug Enforcement Administration (DEA) est aux premières loges, avec a priori, à sa disposition, tous les moyens militaires adaptés et nécessaires, notamment l'utilisation de la Force Delta. Avec bien sûr l'appui en amont et en aval de la CIA et autres services qui ont noyauté et acheté l'entourage de Maduro ainsi que le commandement de son armée. A noter que parmi les justifications de l'opération, le refus de laisser aux ennemis des Etats-Unis le pétrole. Comprenons, avant tout, la Chine, qui est en perpétuelle quête de sources d'énergie. Reste à définir le statut de "prisonnier" de Maduro puisque tant le droit international que le droit fédéral ont été violés sciemment. L'opération commando Absolute Resolve qui n'est pas du tout la plus osée et la plus grande depuis la deuxième guerre mondiale, rentre dans la catégorie des crimes d'agression, crimes interdits par la Charte des Nations Unies et par le Statut de Rome à l'origine de la Cour Pénale Internationale, cette dernière étant devenue une cible majeure de l'administration américaine. L'opération s'étant déroulée a priori comme prévue, pas d'avatars techniques, pas de blessés, pas de morts américains, pas de prisonniers américains, pas de riposte du Venezuela (comme si toute la défense du pays avait été anesthésiée), tout cela officiellement, et donc baignant dans une opacité totale puisque invérifiable, les projecteurs se braquent sur la qualification juridique des faits reprochés à Maduro et son épouse. D'abord, on leur reproche d'être à la tête d'organisations de trafiquants de drogue, tels le Cartel de "Los Soles" et "Tren de Aragua". Cartels traités comme des organisations terroristes. Dont les bateaux qui, repérés, font l'objet de tirs létaux à grands renforts de communication sans autre investigation. Maduro et son épouse, arrêtés, exfiltrés, sont-ils des prisonniers de droit commun, des prisonniers de guerre, ou des prisonniers politiques ? En sachant que le communiqué de Waltz précise bien que l'illégalité et l'illégitimité de l'élection de Maduro, tout comme ses méthodes de dictateur tortionnaire, justifient entre autres l'intervention américaine. Pour quelles stratégies opteront les avocats ? Une chose est également sûre, nous ne sommes pas dans une simple réplique du dossier de Noriega. Ce précédent cité par Waltz ne tient pas la route. Quant à la menace explicite de Trump de s'attaquer au président colombien, le résultat risque d'être décevant. Les réflexes nationalistes seront forts. Quant à Cuba, les Etats-Unis sont perdants depuis l'origine, le pays ayant résisté à toutes les opérations de déstabilisations dont la créativité est à souligner. Les Etats-Unis parlent de "leur hémisphère", mettant au goût du jour la célèbre doctrine de Monroe. Force est de constater que Donald Trump fait feu de tous bois, le Groenland étant désigné du doigt pour être un prochain territoire américain. Ce sera probablement plus facile, que de "gouverner" l'Amérique latine. Les Américains agrandiront leur base militaire sous les yeux des Danois, face à une UE passive et divisée. Reste à voir la réaction de Poutine, qui ne sera pas satisfait.
Une chose est certaine, nous attendent, ingérences, tensions, violations du droit international, déstabilisations, trahisons, infiltrations, négociations, et pas seulement à l'initiative des Etats-Unis.
La Suisse a annoncé le gel des avoirs de Maduro. Quelle prise de conscience !
Posons-nous à nouveau urgemment la question de savoir comment les dictateurs et les trafiquants de drogue blanchissent leur argent si l'objectif de leur arrestation reste prioritaire et surtout un prétexte pour contrôler certains pays.
A suivre.
"Remarks at a UN Security Council Briefing on Venezuela"Voir le communiqué de Waltz :Ambassador Mike Waltz U.S. Representative to the United NationsNew York, New York.
https://usun.usmission.gov/remarks-at-a-un-security-council-briefing-on-venezuela-2/